Radio Cadena Agramonte
Samedi, le 16 Dcembre 2017
Jeudi, le 15 Septembre 2016 - 13:57:18

Ce que nous aura laissé le 11 septembre



Par Granma

Le 11 septembre n’est qu’une date sur le calendrier. Mais l’histoire s’est chargée d’en faire une date fatidique, marquée par des événements qui allaient influer sur les destinées de peuples entiers ; depuis l’assassinat du président chilien Salvador Allende jusqu’aux attaques terroristes contre les Tours jumelles de New York et le Pentagone, en passant par l’assassinat du diplomate cubain Félix Garcia non loin du siège de l’ONU.

Il y a un fil conducteur, malgré la distance géographique et temporelle : le recours irrationnel à la violence pour la réalisation d’objectifs politiques. Quelles leçons tirer de ces événements ?

1. ON NE COMBAT PAS LE FEU PAR LE FEU

Lorsque les pompiers et les sauveteurs fouillaient les décombres du World Trade Center à la recherche de survivants, et bien avant les discours guerriers du président George W. Bush, le commandant en chef Fidel Castro avait déclaré à La Havane : « Aucun des actuels problèmes du monde ne peut se régler par la force. Aucun pouvoir global, aucun pouvoir technologique, aucun pouvoir militaire ne peut garantir l’immunité totale contre des faits de cette nature.»

2. LA FIN NE JUSTIFIE PAS LES MOYENS

Les tortures, les assassinats et les persécutions commis par la dictature militaire chilienne et d’autres du continent étaient justifiés par le soi-disant objectif de freiner l’expansion du communisme. Les documents rendus publics récemment aux États-Unis sur la dictature argentine confirment que Washington était au courant de ce qui se passait et n’a rien fait pour l’empêcher. Les photographies de tortures à Abou Ghraïb et les centaines de milliers de morts qualifiées de « pertes collatérales », ajoutées aux histoires de douleurs de leurs familles nous amène encore une fois à nous demander si la fin justifie les moyens.

3. LE MONDE N’EST PAS UN ENDROIT PLUS SÛR QU’EN 2001

Selon une base de données de l’Université du Maryland, 2000, 4 000 morts on été recensés dans des actes terroristes à l’échelle mondiale, et un rapport élaboré par le gouvernement des États-Unis faisait état de 32 700 morts en 2014 dans ce genre d’actions. Le tableau n’était pas plus réjouissant l’année dernière.

4. IL N’Y A PAS DE BON ET DE MAUVAIS TERRORISME

Nous commémorerons ce 11 septembre le 36e anniversaire de la mort du diplomate cubain Félix Garcia aux mains d’un

terroriste près du siège de l’ONU à New York. Auparavant, en 1973, Salvador Allende faisait ses adieux à son peuple depuis le Palais de La Moneda. Les administrations nord-américaines qui se sont succédées ont tenté de convaincre le monde du caractère terroriste de la violence à leur encontre et contre leurs alliés, violence qu’ils qualifient de « lutte en faveur de la démocratie » quand elle est commise contre des pays qui ne répondent pas à leurs intérêts.

5. LES SYSTÈMES POLITIQUES NE PEUVENT PAS ÊTRE IMPOSÉS

Le président russe Vladimir Poutine a signalé dans une récente interview relayée par le site électronique Bloomberg que les événements de cette dernière décennie ont prouvé que les tentatives externes pour démocratiser un pays conduisent à une augmentation du terrorisme et de la destruction de l’État. « Quand j’entends qu’un président doit s’en aller, et que cela ne vient pas de quelqu’un du pays visé, mais de quelqu’un de l’extérieur, et cela m’amène à me poser des questions », affirmait-il.

6. LE TERRORISME N’A PAS DE RELIGION

Des millions de musulmans répartis dans le monde souffrent de discrimination et d’un rejet à cause des agissements de quelques centaines. Les attaques récentes perpétrées par des « loups solitaires » dans les pays occidentaux témoignent de la variété des troubles politiques et sociaux qui conduisent à l’extrémisme et qui vont bien au-delà de la religion.

7. PAS DE CAUSE

Il est frappant de constater que les plans et les projets des groupes terroristes sont soit inexistants, soit incompréhensibles, y compris pour leurs compatriotes, au-delà du faux projet messianique d’un califat mondial. Le terrorisme est par essence irrationnel et son objectif, c’est la violence en soi.

8. AUCUN PAYS N’EST SÛR À 100%

Les États-Unis, la France, la Belgique, la Russie, la Turquie, l’Égypte, la Libye, l’Irak, la Somalie, l’Éthiopie, le Nigeria… la liste des pays frappés par des attentats terroristes ces dernières années est de plus en plus longue. Les murs et les politiques de sécurité ont se sont révélés impuissants à garantir la sécurité des citoyens.

9. C’EST LA POPULATION QUI EN FAIT LES FRAIS

On calcule qu’un million de civils ont été tués pendant la

guerre en Irak. La guerre finit par affecter les gens qui n’ont jamais tenu d’arme entre leurs mains.

10. LE TERRORISME TROUVE UN TERREAU FERTILE DANS LA PAUVRETÉ ET L’EXCLUSION

Il est bien trop simpliste d’aborder le phénomène du fondamentalisme islamique sans tenir compte de l’évolution d’une région de milliers d’années d’Histoire, mais qui a été soumise à un régime colonial et néocolonial dans son passé récent. De la même manière, les loups solitaires qui sèment la panique dans les villes occidentales répondent à des dynamiques d’exclusion et de marginalisation qui n’ont fait que s’aggraver au fil des générations.

11. LE PIRE TERRORISME QUI SOIT : LE TERRORISME D’ÉTAT

Même si la propagande des grands médias ne ménage pas d’efforts pour présenter le terrorisme comme l’apanage des groupes radicaux basés à des milliers de kilomètres de la civilisation occidentale, ou de maniaque locaux endoctrinés, l’histoire fournit des preuves innombrables que les actes de terreur les plus meurtriers ont été perpétrés par des États. Washington a soutenu et ravitaillé les fascistes de la Place Maïdan en Ukraine, déclenchant un conflit qui ne semble pas près de se régler. Les États-Unis ont déstabilisé la Libye, un pays qui affichait les meilleurs indicateurs sociaux de cette région, et ils œuvrent au renversement du gouvernement syrien, y compris au détriment de la lutte contre les vrais terroristes. Par ailleurs, des méthodes de guerre non conventionnelle, comparables en tout point à celle utilisées par les terroristes, sont appliquées sans vergogne contre des pays au gouvernement progressiste comme le Venezuela, l’Équateur et la Bolivie.