Radio Cadena Agramonte
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Mardi, le 13 Juin 2017 - 13:08:57

Quand le cœur bat pour la danse



La Havane, 12 juin.- Lizt Alfonso Dance Cuba est l’une des compagnies de danse-fusion les mieux établies dans le panorama national. Son travail et sa présence sur scène depuis plus de 25 ans, aussi bien à Cuba qu’à l’étranger, en ont fait l’une des troupes de danse les plus populaires et suivies de l’Île

Son succès, elle le doit en grande partie à la ténacité créatrice et artistique de sa directrice, la danseuse, chorégraphe et professeure Lizt Alfonso, qui en 2011 a été nommé ambassadrice culturelle de l’UNICEF, en reconnaissance de son travail de formation auprès des enfants et des adolescents dans son académie de danse, le Ballet infantile et juvénile.

Lizt Alfonso s’est consacrée très jeune au monde de l’art. Elle a étudié à l’École cubaine de ballet, dans des académies de danse espagnole, de danse-théâtre, de danses afro-cubaines, entre autres, et elle est diplômée dans la spécialité de Théâtrologie et Dramaturgie de l’Université des arts.

Elle a chorégraphié et dirigée tous les spectacles de sa compagnie.

Sous la direction de Lizt, le LADC est devenu la première compagnie de danse cubaine à se produire durant une saison complète au New Victory Theater de Broadway à New York, et la seule compagnie cubaine qui, à l’heure actuelle, ait participé à la soirée de gala des prix Latin Grammy en 2015, au MGM Grand Garden Arena de Las Vegas.

La plus récente saison de danse de la compagnie, qui vient de s’achever au Grand théâtre de La Havane Alicia Alonso, a été très bien accueillie par le public, un fait qui, bien que coutumier quand il s’agit des spectacles du LADC, n’en est pas pour autant moins remarquable.

Sous le nom de Latido (battement de cœur) – sur une idée originale, direction et chorégraphie de sa directrice), la pièce fait appel à nos émotions, à la tristesse de la perte et à la joie d’exister. Depuis la musique, réalisée à partir de battements de cœur et composée par le saxophoniste César Lopez, jusqu’aux neuf tableaux chorégraphiques, Latido est une œuvre à savourer dans toute ses dimensions.

Lizt Afonso nous confie que l’argument du spectacle est né voilà 4 ans : « En 2013, je suis allée dîner avec un ami mexicain qui m’était très cher, et nous avons parlé de nos projets d’avenir. Le lendemain, il est reparti dans son pays et dans la nuit, j’ai appris la nouvelle de sa mort. Cela m’a beaucoup éprouvée. Parallèlement, trois de mes danseuses venaient d’être mère, si bien que j’ai éprouvé des sentiments mêlés de de joie et de tristesse. J’ai alors demandé aux musiciens de créer une musique sur fond de battements de cœur et c’est ainsi que j’ai commencé à monter mon spectacle ».

Et de poursuivre : « L’œuvre traite de ce qu’il se passe à Cuba et dans le monde. Elle concerne de très près notre pays, mais le monde également. Latido parle des masques, de la démagogie, la convoitise, l’amour, la société, la lutte de l’individu au sein du groupe, et tout cela peut exister dans n’importe qu’elle ville du monde. »

D’une durée d’un peu plus d’une heure, ce spectacle éminemment dansant montre aussi l’évolution du Lizt Alfonso Dance Cuba au cours de ces dernières années. En effet, cette compagnie, qui n’était composée que de femmes et qui n’abordait que la danse flamenco, a connu bien des changements.

À l’heure actuelle, lorsque Lizt Alfonso présente un nouveau spectacle, le public sait qu’il pourra y découvrir du flamenco, de la danse afro-cubaine, du ballet, de la danse contemporaine et tous les genres de danse populaires, de musiques, mais aussi qu’il verra évoluer des danseurs masculins.

C’est de cette évolution dont nous avons parlé avec Lizt Alfonso.

Quelle valeur donnez-vous au fait d’avoir incorporé des hommes dans vos chorégraphies ?

Dans cette chorégraphie, c’était indispensable car je souhaitais parler des rencontres et des ruptures entre les sexes, de l’identité et de la décision d’être ou de ne pas être ce que l’on voulait être. J’avais besoin d’hommes pour pouvoir raconter cette histoire. À l’époque où nous vivons, les choses vont au-delà de la nécessité qu’un homme et une femme s’unissent seulement pour procréer, et cela ne me dérange pas du tout.

Nous devons avoir conscience de cette réalité : que tout peut coexister parfaitement. Au final, les gens sont à la recherche du bonheur, ce que nous recherchons tous.

Que représente Latido dans votre carrière chorégraphique ?

Cela a été très intéressant de découvrir que je peux parcourir tout ce chemin. Latido a et n’a pas à voir avec les pièces précédentes. C’est la suite logique de la négation et de l’appropriation d’éléments dont j’ai besoin pour progresser. Il ne s’agit pas seulement de planter un arbre et de se réjouir qu’il donne des fruits. Ce qui compte dans la vie, c’est de ne pas se trahir, de faire ce que l’on veut, et de se sentir bien avec soi-même.

Changeons de sujet. Souvent, en bien ou en mal, on a qualifié votre danse de commerciale. Qu’en pensez-vous ?

Le terme ne me gêne pas. Pour qu’un acte scénique existe, il faut un récepteur qui comprenne ce que l’on fait. J’adore les spectacles musicaux, car Cuba est un pays musical. J’aime faire les deux choses à la fois : le musical et la danse, parce que cela nous connecte avec un public beaucoup plus vaste et plus divers. C’est ce public qui devient fidèle de la compagnie.

Peu importe si on qualifie mes spectacles de commerciaux. Au contraire, il me semble que ce qui n’est pas commercial n’a pas de sens. Nous sommes là pour prêter un service, c’est ce que font les artistes.

Dernière question. Qu’est-ce qui fait battre votre cœur ?

Tout ce qui se trouve sur la scène, ma compagnie, la danse, mes danseurs et mes rêves.

Au terme de cette saison au Grand Théâtre de La Havane Alicia Alonso, le LADC a prévu une longue tournée à Cuba et à l’étranger. Au mois de juin, il présentera le spectacle ¡Mil niños a escena…y más!, (Mille enfants sur scène… et plus !), puis il s’envolera pour la Turquie. En août, reviendront les traditionnels cours d’été et en septembre, le LADC sera de retour avec Cuba vibra !

Octobre et novembre seront consacrés à la tournée internationale d’automne en Europe, au Moyen Orient et en Amérique du Nord. En décembre, le Lizt Afonso Dance Cuba fêtera son 25e anniversaire sur scène. Et au programme de 2018 : une grande tournée dans toute l’Île. •Octobre et novembre seront consacrés à la tournée internationale d’automne en Europe, au Moyen Orient et en Amérique du Nord. En décembre, le Lizt Afonso Dance Cuba fêtera son 25e anniversaire sur scène. Et au programme de 2018 : une grande tournée dans toute l’Île.