Radio Cadena Agramonte
Lundi, le 16 Dcembre 2019
Lundi, le 18 Novembre 2019 - 09:42:31

Evo Morales dénonce la façon dont les États-Unis ont dirigé le coup d’État en Bolivie



Mexico, 18 nov.- L’ancien président bolivien Evo Morales a expliqué ici comment l’ambassade des États-Unis a orchestré le coup d’État qui l’a renversé et a provoqué l’effusion de sang.

Selon une interview publiée aujourd’hui par le quotidien La Jornada sous le titre : « Je suis tombé dans le piège; le coup d’État a été préparé à l’ambassade des Etats-Unis », Evo Morales explique que tout a commencé avec les discussions pour modifier la constitution pour une nouvelle réélection, ce avec quoi il n’était pas d’accord.

C’est là qu’a commencé une guerre sale basée sur le mensonge, dirigée par l’ambassade des États-Unis, a-t-il affirmé. Il a signalé que « presque deux mois avant les élections j’ai convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis, et je lui ai montré comment des personnes haut placées de l’ambassade allaient dans certaines régions pour faire chanter des camarades de la campagne ».

« Ils leur disaient : « Ne votez pas pour Evo, ne le soutenez pas, si vous ne votez pas et ne soutenez pas Evo, nous allons faire des rues pavées », et le chargé d´affaires m’a promis qu´ils ne s´impliqueraient plus dans la politique nationale », a-t-il raconté.

« Mais ils ont continué et dépensé beaucoup d’argent pour faire chanter tous les secteurs sociaux, travailleurs et étudiants, pour qu’ils ne votent pas pour moi », a expliqué Morales.

Pour Evo Morales, il est clair que le but du coup d’État est le lithium. « Si le prénom du coup d’État est à l’ambassade des États-Unis, le nom de famille est le lithium », a-t-il affirmé.

Puis il a révélé que peu avant l’élection présidentielle, Ivanka Trump s’est rendue dans la ville de Purmamarca, dans le nord-ouest de l’Argentine, à la frontière avec la Bolivie, zone connue sous le nom de triangle du lithium, car elle comprend également le Chili. Le triangle de l’or blanc concentre 75 pour cent du total de cet élément dans le monde.

Toutefois, la Bolivie concentre la quasi-totalité du métal qui semble être l’un des éléments les plus importants pour l’avenir du monde.

« Nous avons commencé à développer l’industrie du lithium, mais il y a des politiques de privatisation. Il y a aussi les complots des grands monopoles qui veulent s’approprier le métal», a-t-il assuré.

Evo Morales estime que le coup d´État a été préparé à l’avance. « C’était un coup complètement différent. J’espère vraiment que ce ne sont pas toutes les forces armées qui sont impliquées, mais uniquement les commandants. Ils utilisent l’armée pour tirer sur le peuple », a-t-il dénoncé.

Puis l´ancien syndicaliste a signalé que depuis son arrivée au Mexique, il a suivi par des messages, des vidéos et les réseaux sociaux la situation dans son pays.

« En Bolivie, ce que nous avons vu, c’est que des institutions comme la police ne servent que des groupes oligarchiques. Hugo Chavez avait des personnes issues du peuple dans sa police et ses forces armées, mais il a tout de même organisé les milices armées. Qui sait si certaines forces sociales sont la base pour devenir des milices, ou si le peuple doit aussi avoir son propre groupe organisé, armé, légal. Le peuple ne veut pas des forces armées dans la ville, parce qu’elles sont complices du putschisme », a-t-il souligné.

« Mon pire crime est de nous libérer, non seulement sur le plan social et culturel, non seulement sur le plan idéologique et politique, mais aussi sur le plan économique. La croissance de la Bolivie surprend tout le monde. C’est le péché de l’Evo », a-t-il conclu. (Prensa Latina)