Radio Cadena Agramonte
Samedi, le 15 Aot 2020
Samedi, le 16 Mai 2020 - 13:53:51

La famille, notre meilleure protection



Par Gladys Dailyn Morera Cordero / Radio Cadena Agramonte.

Chacun a son histoire familiale: certains sont plus reconnaissants envers les parents; d'autres, malheureusement, ont une longue liste d'absences. Il y a ceux qui ont dû échapper aux yeux des adultes pour réaliser leurs rêves; mais nous tous, absolument tout le monde, devons à papa et maman des réprimandes qui nous ont coûté la vie plus tard.

Plus de 60 jours après que le Covid-19 a fait la une des journaux et aussi une partie de notre essence, il est impossible de ne pas parler aujourd'hui, à l'occasion de la Journée mondiale de la famille, de la mesure dans laquelle cette pandémie nous a transformé.

Le début du printemps m'a apporté un immense désir de sortir mon Kaleb de la maison, et j'avais même prévu des vacances pour mes retrouvailles avec mes parents à Las Tunas. Mais nous avons dû nous contenter de voir les plantes fleurir depuis le balcon, et mes parents, à travers l'écran d'un téléphone portable.

Mai est arrivé, qui pour nous est plein de festivités: trois anniversaires et le plus spécial le dimanche, celui des Mères. C'était ma troisième année en tant que maman et Kaleb a pris soin de moi ce jour-là. Cependant, comme tant d'autres enfants, je n'ai pas pu embrasser celui qui m'a donné la vie, qui m'inspire tous les jours, qui ne me laisse jamais disparaître. Je ne pouvais pas lui dire en regardant dans ses yeux combien je l'aimais et m'allonger sur ses genoux avec ma sœur.

Pour elle, ils ont également été convulsés ces deux derniers mois, car elle ne voit pas le moment venu de définir son avenir professionnel. Mais l'école est de retour, et étudier et réapprendre a été un défi familial.

Oui, un défi, un défi. Les maisons cubaines en regorgent depuis le 11 mars. Et avec eux, nous avons grandi.

J'ai pu profiter davantage de Kaleb; je l'ai vu apprendre de nouveaux mots, atteindre de nouveaux objectifs. Je l'ai vu tenir fermement ses grands-parents et j'ai confirmé que sans eux, il serait impossible de mener à bien le travail et l'éducation de mon fils. Parce que c'est ça la famille: se retrouver, être ensemble, faire un anniversaire, comme nous l'avons fait, une formidable fête, sans invités, sans abondance, mais avec beaucoup d'amour.

Ce sera donc dans quelques jours, lorsque nous fêterons les deux ans du petit de la maison, et que nous enfilerons nos chapeaux, et remplirons les espaces de chaînes et de ballons, et qui sait, peut-être même papa portera un costume de clown, et rions à haute voix et n'avons besoin de rien de plus que nous-mêmes.

Le SARS-Cov-2, silencieux, sans visage et mortel, a transformé le rire et les rencontres, et nous oblige à manquer et à valoriser davantage les choses que nous avons, à créer des liens avec les nôtres.

Alors que le personnel de santé, les scientifiques, les autorités politiques et gouvernementales font face au coronavirus, il appartient à chacun de respecter cet admirable effort et son dévouement.

La partie des derniers jours a été encourageante. Petit à petit, nous ajoutons des points dans cette bataille qui ne se gagne qu'en faisant ce que chacun doit faire, en famille. Quand tout sera fini, nous retrouverons ceux qui sont loin. Pour l'instant, profitons de nos proches. (Photo: fichier)