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Colombie, Cuba, Drogue, Équateur, États-Unis, Guerre contre la drogue, Venezuela

Le grand mensonge qui consiste à définir le Venezuela comme un narco-État


Caracas, 29 août.- Pendant mon mandat en tant que Directeur de l’ONUDD, l’agence de l’ONU spécialisée dans la lutte contre la drogue et le crime, j’ai été en Colombie, en Bolivie, au Pérou et au Brésil, mais je n’ai jamais visité le Venezuela. Simplement, il n’y avait pas besoin.

La coopération du gouvernement vénézuélien dans la lutte contre le narcotrafic était l’une des meilleures d’Amérique du Sud, comparable seulement à l’excellent bilan de Cuba.

Ce fait, dans la narration délirante de Trump selon laquelle « le Venezuela serait un narco-État », ressemble à une calomnie motivée géopolitiquement. Mais les données, publiées dans le Rapport mondial sur les drogues 2025 de l’organisation que j’ai eu l’honneur de diriger, racontent une toute autre histoire que celle diffusée par l’administration Trump.

Une histoire qui démonte pièce par pièce la toile géopolitique construite autour du « Cartel des Soles », une entité aussi légendaire que la créature du Loch Ness, mais qui sert à justifier sanctions, embargos et menaces d’intervention militaire contre un pays qui, par hasard, se trouve sur l’une des plus grandes réserves de pétrole du monde. Selon l’ONUDD : le Venezuela est un pays insignifiant sur la carte du narcotrafic. Le rapport 2025 de l’ONUDD est très clair, ce qui devrait embarrasser ceux qui ont construit une rhétorique de diabolisation du Venezuela.

Le rapport mentionne à peine et brièvement le Venezuela, affirmant qu’une fraction minime de la production colombienne de drogues transite par le pays à destination des États-Unis et de l’Europe. Selon l’ONU, le Venezuela s’est consolidé comme un territoire exempt de culture de coca, de marijuana et de produits similaires, ainsi que de la présence de cartels criminels internationaux.

Ce document n’a fait que confirmer les 30 rapports annuels précédents, qui ne parlent pas de narcotrafic vénézuélien car il n’existe pas. Seuls 5 % de la drogue colombienne transitent par le Venezuela. Pour mettre ce chiffre en perspective : en 2018, alors que 210 tonnes de cocaïne passaient par le Venezuela, la Colombie produisait ou commercialisait 2 370 tonnes (dix fois plus) et le Guatemala, 1 400 tonnes ; oui, vous avez bien lu : le Guatemala est un passage de drogues sept fois plus important que le supposé « narco-État » vénézuélien.

Mais personne n’en parle, car le Guatemala ne produit que 0,01 % du total mondial de la seule drogue qui intéresse Trump : le pétrole. Le Fabuliste Cartel des Soles : une fiction à la Hollywood La « Cartel des Soles » est une création de l’imagination de Trump. Supposément dirigée par le président du Venezuela, mais elle n’est mentionnée ni dans le rapport de la principale agence antidrogue mondiale, ni dans les documents d’aucune agence européenne ou presque aucune autre agence de lutte contre le crime. Pas même une note de bas de page.

Un silence assourdissant qui devrait faire réfléchir quiconque possède encore un minimum de pensée critique. Comment une organisation criminelle aussi puissante, méritant une récompense de 50 millions de dollars, peut-elle être totalement ignorée par ceux qui œuvrent dans la lutte antidrogue ? En d’autres termes, ce que l’on vend comme un super cartel à la mode Netflix est en réalité un type de délit mineur que l’on retrouve dans tous les pays du monde, y compris aux États-Unis, où près de 100 000 personnes meurent chaque année par overdose d’opioïdes qui n’ont rien à voir avec le Venezuela, mais avec les grandes sociétés pharmaceutiques américaines.

L’Équateur : le vrai centre que personne ne veut voir

Tandis que Washington attise la polémique autour du Venezuela, les véritables centres de narcotrafic prospèrent presque sans être dérangés. En Équateur, par exemple, 57 % des conteneurs de bananes en provenance de Guayaquil transportent de la cocaïne vers la Belgique.

Les autorités européennes ont saisi 13 tonnes de cocaïne d’un navire espagnol en provenance des ports équatoriens, contrôlés par des entreprises protégées par des fonctionnaires du gouvernement équatorien. L’Union européenne a publié un rapport détaillé sur les ports de Guayaquil, décrivant comment « les mafias colombiennes, mexicaines et albanaises opèrent largement en Équateur ». Le taux de criminalité a explosé, passant de 7,8 pour 100 000 habitants en 2020 à 45,7 en 2023.

Mais peu de choses sont dites sur l’Équateur. Peut-être parce que ce pays ne produit que 0,5 % du pétrole mondial et que son gouvernement n’a pas la mauvaise habitude de défier la domination américaine en Amérique latine ?

Les vraies routes du trafic : géographie versus propagande

Durant mes années à l’ONUDD, j’ai appris une chose essentielle : la géographie ne ment pas. Les routes du trafic suivent une logique précise : proximité des centres de production, facilité de transport, corruption des autorités locales et présence de réseaux criminels établis. Le Venezuela ne remplit aucun de ces critères.

La Colombie produit plus de 70 % de la cocaïne mondiale. Le Pérou et la Bolivie représentent la majeure partie des 30 % restants. Les routes logiques vers les marchés américains et européens passent par le Pacifique vers l’Asie, par les Caraïbes orientales vers l’Europe et par terre via l’Amérique centrale vers les États-Unis. Le Venezuela, bordant l’Atlantique Sud, est géographiquement désavantagé pour ces trois routes principales. La logistique criminelle fait du Venezuela un acteur insignifiant dans la scène mondiale du narcotrafic.

Cuba : l’exemple honteux

La géographie ne ment pas, mais la politique peut la surpasser. Cuba continue aujourd’hui d’être un modèle de coopération antidrogue dans les Caraïbes. Une île proche des côtes de Floride, une base théoriquement idéale pour le transit vers les États-Unis, mais qui, en réalité, n’est pas utilisée pour le trafic de drogues. J’ai souvent observé l’admiration des agents de la DEA et du FBI pour la rigueur des politiques antidrogue de l’île communiste.

Le chavisme vénézuélien a suivi le modèle cubain dans la lutte contre les drogues, inauguré par Fidel Castro lui-même : « coopération internationale, contrôle territorial et répression de la criminalité ».

Ni le Venezuela ni Cuba n’ont jamais eu de vastes terres cultivées en cocaïne sous le contrôle de grands criminels.

L’Union européenne n’a pas d’intérêts pétroliers particuliers au Venezuela, mais elle a un intérêt concret à lutter contre le narcotrafic qui menace ses villes. Elle a publié le Rapport européen sur les drogues 2025. Ce document, basé sur des données concrètes et non sur des illusions géopolitiques, ne mentionne même pas une fois le Venezuela comme route du trafic international de drogues. Voilà la différence entre une analyse honnête et une narration mensongère et insultante. L’Europe a besoin de données fiables pour protéger ses citoyens, c’est pourquoi elle produit des rapports précis.

Les États-Unis doivent justifier leur politique pétrolière, c’est pourquoi ils produisent de la propagande déguisée en services de renseignement. Selon le rapport européen, la cocaïne est la deuxième drogue la plus consommée dans les 27 pays de l’UE, mais les principales sources sont clairement identifiées : la Colombie pour la production, l’Amérique centrale pour la distribution, et l’Afrique de l’Ouest avec différentes routes pour la distribution. Le Venezuela et Cuba n’apparaissent tout simplement pas. Pourtant, le Venezuela est systématiquement diabolisé, en violation de tout principe de vérité.

L’ancien directeur du FBI, James Comey, a expliqué dans ses mémoires après sa démission que derrière cette politique américaine envers le Venezuela se cache une motivation inavouable : Trump lui aurait dit que le gouvernement de Maduro était « un gouvernement assis sur une montagne de pétrole que nous devons acheter ».

Il ne s’agit donc pas de drogue, de criminalité ou de sécurité nationale. Il s’agit de pétrole qu’il serait préférable de ne pas payer.

C’est donc Donald Trump qui mériterait une récompense internationale pour un crime précis : « calomnies systématiques contre un État souverain afin de s’approprier ses ressources pétrolières. »

Note : L’auteur Pino Arlacchi est vice-secrétaire général des Nations unies et directeur exécutif de l’ONUDD, le programme antidrogue et contre le crime de l’ONU. (Texte et photo: Cubadebate)


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