
Union Européenne, 29 janvier - L’Union Européenne envisage sérieusement de prohiber l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, alors que la France avance sur cette voie.
La pression a augmenté depuis que l’Australie a adopté une interdiction concernant les mineurs de moins de 16 ans sur les réseaux sociaux, et Bruxelles surveille de près le succès de cette mesure, face aux défis juridiques qu’elle rencontre.
La France a fait pression pendant des mois pour une mesure similaire au sein de l’Union Européenne, aux côtés du Danemark, de la Grèce et de l’Espagne, mais a finalement décidé de procéder de manière unilatérale.
La chambre basse du Parlement français a approuvé cette semaine un projet de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Cette mesure doit prochainement être votée au Sénat pour devenir loi.
L’UE dispose d’un ensemble de règles régissant l’espace numérique, et plusieurs enquêtes sont en cours sur l’impact des plates-formes telles qu’Instagram et TikTok sur les mineurs.
La présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, a plaidé pour l’imposition d’un âge minimum, mais souhaite d’abord écouter les experts afin de définir l’approche à adopter par le bloc des 27 États membres.
Un groupe consultatif sur les réseaux sociaux, promis par Von der Leyen pour 2025, doit commencer à fonctionner cette année.
Son objectif sera de conseiller la présidente sur les mesures à prendre au niveau de l’UE pour protéger les enfants sur Internet, a indiqué un porte-parole de la Commission, Thomas Regnier.
« Nous laissons toutes les portes ouvertes. Nous allons recevoir des retours et ensuite prendre des décisions » pour l’avenir, a précisé Regnier mardi.
Le Parlement Européen a demandé une interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans, et la Malaisie, la Norvège et la Nouvelle-Zélande envisagent également de faire de même.
D’autres pays ne vont pas attendre l’UE, comme le Danemark, qui a annoncé l’année dernière qu’il interdirait l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.
Cinq pays de l’UE, dont la France et le Danemark, testent une application de vérification de l’âge, espérant qu’elle empêchera les enfants d’accéder à des contenus nocifs sur Internet.
L’UE n’a pas encore légiféré sur l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, mais sa Loi sur les Services Digitaux (LSD) donne aux régulateurs le pouvoir d’obliger les entreprises à modifier leurs plateformes pour protéger les enfants en ligne.
Par exemple, la LSD interdit la publicité ciblée sur les enfants.
L’UE peut « utiliser la LSD pour influencer la manière dont les enfants interagissent avec les réseaux sociaux », a souligné Paul Oliver Richter du centre de réflexion Bruegel.
L’UE a lancé des enquêtes sur TikTok, Facebook et Instagram en février et mai 2024, en raison de soupçons selon lesquels ces plateformes ne font pas assez pour prévenir les effets négatifs sur la santé mentale des plus jeunes.
Au cours de ces enquêtes, l’UE a exprimé des craintes concernant l’effet de “caverne”, qui se produit lorsque les utilisateurs reçoivent du contenu basé sur un algorithme, les conduisant parfois à des contenus plus extrémistes.
L’UE n’a pas encore conclu ces enquêtes, bien qu’un fonctionnaire ait déclaré que les régulateurs espèrent remettre leurs résultats préliminaires durant le premier semestre de l’année.
Le porte-parole Regnier a indiqué que « pour certaines enquêtes, nous avons besoin de plus de temps », tout en affirmant que « nous conclurons ces affaires ». (Texte et Photo: Cubasí)