
La Havane, 4 février - Le dernier numéro de la revue bimensuelle américaine The American Conservative soutenait, avec des arguments solides, que « la politique actuelle envers Cuba sape les mêmes objectifs et principes qui sous-tendent la Stratégie de Sécurité Nationale » du gouvernement de Donald Trump.
Il ajoutait que, malgré les déclarations constantes de Washington concernant le narcotrafic comme menace pour la sécurité nationale, la politique envers l’Isle ignore une vérité gênante : « Cuba est le principal partenaire de sécurité du gouvernement américain dans les Caraïbes ».
Quelques jours plus tard, l’annonce d’une “urgence nationale” contre Cuba a été faite, accompagnée de l’insoutenable mensonge selon lequel le petit pays constituerait une « menace inhabituelle et extraordinaire » pour la sécurité et la politique étrangère de Washington.
La Maison Blanche a perdu la mémoire, des antécédents très importants et positifs concernant la coopération entre Cuba et les États-Unis en matière de sécurité, d’application et de respect des lois pour faire face aux fléaux transnationaux affectant la sécurité nationale des deux pays ont été égarés ou cachés.
Au début de la première administration Trump, il existait déjà 22 instruments bilatéraux de coopération et huit groupes de travail techniques sur la lutte contre le terrorisme, le narcotrafic, la cybersécurité et les cybercrimes, la sécurité des voyages et du commerce, le trafic d’êtres humains et la fraude migratoire, le blanchiment d’argent et les crimes financiers, la traite des personnes et l’assistance judiciaire en matière pénale. Cependant, les conseillers de Floride du président ont tout fait pour les rendre caducs et les geler.
À cet égard, l’article de The American Conservative affirme que la politique actuelle « ne repose pas sur nos intérêts nationaux fondamentaux, mais sur la nostalgie de la Guerre Froide et sur la politique de l’État de Floride ».
Contrairement aux affirmations de l’administration concernant la présumée « mauvaise volonté », les « relations avec des acteurs malveillants » et « l’hostilité », ce n’est pas Cuba qui a manqué à ses engagements, mais c’est elle qui a insisté pour réactiver les mécanismes enterrés par des intérêts politiques qui portent atteinte à la sécurité des deux pays et de la région. Malgré le manque de soutien, elle n’a cessé de combattre sur tous les fronts mentionnés, comme le confirment les agences correspondantes.
Une récente conférence de presse a révélé que, lors des 14 dernières années, les Troupes Garde-frontières de Cuba ont saisi plus de 40 tonnes de drogues à destination des États-Unis, et qu’entre 2024 et 2025, 14 vedettes rapides ont été interceptées, 39 narcotrafiquants arrêtés et plus de quatre tonnes de diverses substances saisies. Parallèlement, dans le domaine aérien, 72 opérations impliquant différents types de drogues, en provenance de 11 pays avec les États-Unis comme principal expéditeur, ont été bloquées au cours des deux dernières années.
Un autre fait très éloquent est que, depuis 1990 jusqu’à fin 2025, Cuba a envoyé 1 547 messages formels au Service des Gardes Côtes américain pour informer des incidents ou des situations liées au narcotrafic et en a reçu 468 de cette partie. Cette relation de trois à un est une autre preuve de qui promeut réellement la coopération dans ce domaine.
Cette réalité est reconnue par l’article susmentionné de la revue conservatrice américaine lorsqu’il déclare que « Cuba est largement reconnue comme un exemple positif dans la lutte contre le narcotrafic en Amérique Latine, collaborant étroitement avec la Garde Côtière des États-Unis et d’autres agences américaines pour traquer les narcotrafiquants, partager des informations de renseignement et intercepter les routes de contrebande traversant la région ».
La plus récente agression contre notre peuple donne raison à The American Conservative lorsqu’il affirme que, « malheureusement, la politique envers Cuba demeure piégée dans une logique de changement de régime ratée qui remonte à avant la fin de la Guerre Froide », maintenue vivante par « une politique contrôlée par un petit groupe de Cubano-américains intransigeants qui insistent depuis des décennies sur le fait que le seul résultat acceptable est la soumission totale. Ce n’est pas négocier. C’est une recette pour l’échec. » (Texte et photo: Cubasí)