
La Havane, 19 février - « Pour nous, c’est un plaisir de te recevoir et de pouvoir discuter », a déclaré ce mardi après-midi, depuis le Palais de la Révolution, le Premier secrétaire du Comité Central du Parti Communiste de Cuba et Président de la République, Miguel Díaz-Canel Bermúdez, en accueillant Juan Grabois, leader du parti politique Patria Grande d’Argentine.
À l’intention de ce licencié en sciences sociales, écrivain et responsable d’une organisation à portée humaniste, le chef de l’État a souligné l’importance de sa présence dans la plus grande des Antilles : « Nous reconnaissons — a dit le dignitaire à propos de la visite de l’ami — qu’il s’agit d’une preuve de solidarité engagée envers Cuba, car, en ces temps que nous vivons, nous savons ce que cela signifie de venir à Cuba. »
Díaz-Canel Bermúdez a valorisé le geste du dirigeant comme « une démonstration de sincérité, d’amitié et de solidarité ». Il l’a qualifié de « très cohérent » avec tout ce que Juan Grabois a entrepris en rapport avec Cuba et, en particulier, avec les forces de gauche.
Le président a déclaré au jeune argentin : « Nous souhaitions te faire part de notre volonté, de notre décision de continuer à élargir et à renforcer les relations avec Patria Grande ». Il a ensuite évoqué la nécessité de « rechercher davantage d’échanges et de moments tout au long de l’année pour partager des idées et des expériences ».
« Vous — a valorisé le Président cubain — avez un travail très intéressant concernant l’économie populaire et les questions de genre ». Il a également réfléchi en termes de « visions que nous pouvons partager et qui peuvent également nous servir de référence » ; sans oublier, a-t-il dit, la possibilité de « donner nos modestes idées ».
Le dignitaire a mis l’accent sur le concept de responsabilité collective face à la nécessité de voir « comment nous articulons tous les mouvements sociaux, des personnes progressistes dans des temps si difficiles, à la fois au niveau continental et international ». Il a affirmé cela en lien avec le moment périlleux que traverse le monde, assisté à l’application d’une administration impérialiste qui « a montré son aspiration à l’hégémonie, ainsi que sa volonté, par la force, d’atteindre cette hégémonie », dans une position qui « dépasse tout ce qui pourrait être validé par le Droit International et par la Charte des Nations Unies ».
Pour sa part, le leader de Patria Grande, Juan Grabois, a confié au chef de l’État : « On m’a appris que c’est dans les moments difficiles que l’on voit ses vrais amis ; quand tout va bien, tout le monde est là ». Il a par ailleurs exprimé sa gratitude pour l’accueil qu’il a reçu à Cuba.
L’intellectuel argentin a dénoncé le danger que représente la « force brute » et a partagé sa conviction que le monde a entamé une étape où le principal dilemme est de choisir entre un chemin de déshumanisation et un chemin de rehumanisation : « Il n’y a pas d’autre contradiction que celle-ci », a-t-il souligné.
Juan Grabois a fait référence à la manière dont, aujourd’hui, pour l’hégémonie impériale, « certaines vies n’ont pas de valeur : la vie des migrants n’a pas de valeur ; les vies des peuples pauvres n’ont pas de valeur ; les vies des enfants de Palestine n’ont pas de valeur ». Et à l’instar du dignitaire, il a dénoncé les violations flagrantes du Droit International, « qui non seulement se produisent, mais aussi sont propagées ».
Cet après-midi-là, où la conversation s’est tenue de manière très sincère sur une humanité qui doit être protégée par l’articulation des forces progressistes, était également présent, du côté cubain, le chef du Département des Relations Internationales du Comité Central du Parti Communiste, Emilio Lozada García. (Texte et photo: Présidence Cuba)