
Royaume-Uni, 2 février - Alors que le contenu “dégradé par l’intelligence artificielle” envahit Internet, les efforts pour freiner ce déluge d’images et de vidéos de mauvaise qualité se multiplient.
Des images de chats peignant, des célébrités dans des situations compromettantes ou des personnages de dessins animés promouvant des produits figurent parmi le contenu généré avec des outils d’IA accessibles, tels que Veo de Google et Sora d’OpenAI.
“L’essor de l’IA a suscité des interrogations sur le contenu de faible qualité, également connu sous le terme de ‘AI slop’ en anglais”, déclare Neal Mohan, directeur général de YouTube.
Ce contenu est “bon marché, insipide et produit en masse”, affirme l’ingénieur suisse Yves, qui a choisi de ne pas donner son nom de famille, à l’AFP.
Pour sa part, Satya Nadella, le patron de Microsoft, a appelé les gens à dépasser ce débat et à adopter la technologie comme un moyen d’amplifier la créativité et la productivité.
Microsoft fait partie des géants technologiques qui investissent massivement dans l’IA.
“Au fond, la critique du contenu dégradé par l’IA est une critique de l’expression créative individuelle”, argue Bob Doyle, un influenceur sur YouTube spécialisé dans le contenu généré par l’IA.
Cependant, de grandes plateformes permettent déjà à leurs utilisateurs de filtrer ce contenu. C’est le cas de Pinterest, qui a expliqué à l’AFP avoir créé un filtre après que des utilisateurs ont insisté pour voir moins de ces images.
TikTok a introduit un filtre similaire à la fin de l’année dernière.
YouTube, ainsi que Instagram et Facebook, propriétés de Meta, offrent également des moyens de réduire la quantité de ce contenu visible par les utilisateurs, bien qu’ils ne proposent pas de filtre clair.
Des acteurs plus petits du secteur technologique, tels que la plateforme Coda Music (qui compte environ 2 500 utilisateurs), ont mis en place des mesures permettant aux utilisateurs de signaler le contenu généré par l’intelligence artificielle. Ils offrent également la possibilité de le bloquer complètement.
“Jusqu’à présent, il y a eu beaucoup de participation pour identifier les artistes d’IA”, a déclaré son directeur général et fondateur, Randy Fusee, à l’AFP.
Cara, un réseau social pour artistes et designers comptant plus d’un million d’utilisateurs, a mis en œuvre une combinaison d’algorithmes et de modération humaine pour filtrer le contenu généré par l’IA.
“Les gens veulent une connexion humaine”, a déclaré Jingna Zhang, fondatrice de Cara. (Texte et photo: Cubasí)