
Bucarest, 9 mars - Les êtres humains aiment penser qu’ils sont au sommet de la chaîne alimentaire, mais minimiser les microorganismes comme les bactéries est une grave erreur. Il suffit de se rappeler de la Yersinia pestis, responsable de la peste noire, du Vibrio cholerae, causant le choléra, du Mycobacterium tuberculosis, responsable de la tuberculose, et de la Salmonella entérica, provoquant la fièvre typhoïde. Toutes ces bactéries ont été des protagonistes mortelles dans l’histoire des pandémies.
Bien que nous soyons encore en vie, l’Institut de Biologie de Bucarest de l’Académie Roumaine a découvert une superbactérie vieille de cinq mille ans, la Psychrobacter SC65A.3, capable de vivre dans un environnement aussi froid qu’une grotte de glace. Grâce à sa grande capacité d’adaptation, l’observation de son génome est essentielle pour comprendre comment elle a survécu dans un environnement si défavorable.
Il semblerait que sa capacité de résistance au froid se reflète également dans la présence d’antibiotiques. Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’environnement est fondamental pour la transmission de gènes de résistance entre microorganismes.
C’est un mécanisme naturel antérieur à l’humanité que nous devrions connaître, étant donné qu’il existe des bactéries comme la Psychrobacter SC65A.3, capables de résister à une grande partie de nos antibiotiques. En citant le PNUE, « la prévention fait partie de la solution », bien que je préfère dire « mieux vaut prévenir que guérir ».
D’après la Dr. Cristina Purcarea, auteur principal de l’étude, la souche de bactéries « montre une résistance à de multiples antibiotiques modernes et est porteuse de plus de 100 gènes liés à la résistance ».
Au total, 28 antibiotiques de 10 classes différentes ont été testés, tels que la rifampicine, la vancomycine et la ciprofloxacine, qui sont utilisés pour traiter la tuberculose, les colites et les infections urinaires.
Il semblerait que la Psychrobacter SC65A.3 soit résistante à la triméthoprime, à la clindamycine et au métronidazole, des médicaments couramment utilisés pour traiter les infections des poumons, de la peau, du sang, du système reproductif et du système digestif.
En plus d’identifier les 100 gènes liés à la résistance, les chercheurs ont également découvert 11 gènes qui pourraient avoir la capacité d’éliminer ou d’inhiber des bactéries, des champignons et même des virus. Cependant, 600 gènes ayant des fonctions inconnues demeurent encore.
Néanmoins, je ne pense pas qu’éradiquer les bactéries au niveau génétique soit une bonne décision.
Supposons qu’une vaccine soit développée pour diminuer les défenses des bactéries, cela pourrait également nous rendre malades, voire mortels. Par exemple, l’intestin a besoin de bactéries pour décomposer et absorber les nutriments de la nourriture.
Sans elles, notre corps ne peut pas fonctionner correctement, c’est pourquoi, après un traitement antibiotique, nous avons souvent besoin de prendre des probiotiques ou des lactobacilles pour compenser les dommages.
Au-delà des applications médicales, nous devrions étudier les bactéries plus en profondeur pour comprendre réellement comment elles ont réussi à survivre pendant près de quatre milliards d’années.
On se souvient que la Société de Microbiologie les considère comme les organismes les plus adaptatifs et polyvalents de la terre. En citant Darwin, « ce n’est pas la espèce la plus forte qui survit, ni la plus intelligente, mais celle qui s’adapte le mieux au changement ». (Texte et photo: Cubadebate)