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Trump, Invasion du Venezuela, Maduro

Ave Trump, ceux qui triompheront te saluent


La Havane, 5 janvier - Il y a quelques années, une publicité de la célèbre carte de crédit Mastercard utilisait un procédé astucieux : une jeune fille, un enfant et un vieil homme exprimaient leur souhait de réaliser un rêve fou, et le narrateur répondait : avec Mastercard, c’est possible. Mais la dernière scène scellait le message de manière inattendue (ce qui produisait paradoxalement l’effet de renforcer les affirmations excessives précédentes) : un enfant courait pour embrasser son père, et la voix off déclarait : « Non, Mastercard ne peut pas acheter l’amour de votre enfant. »

Dans un système où la valeur d’un être humain se mesure souvent à l’argent qu’il possède (son pouvoir d’achat) plutôt qu’à ses vertus et ses contributions à l’humanité, il y a toujours quelqu’un qui croit pouvoir acheter tout. Donald Trump, un milliardaire capricieux et arrogant, à la tête d’une puissance mondiale en déclin, ne connaît que la force : celle de l’argent et des armes. Se demandait-on s’il abusait des autres enfants à l’école, ou si c’était lui qui en était victime ? Question tentante pour les psychanalystes. Trump achète, menace, dit « qu’il faut obéir à sa volonté », assis sur le trône des marchands que Jésus a chassés du temple. Tout semble possible : fomenter des coups d’État (la nouveauté : dans son propre pays) ; pratiquer la pédophilie ; tuer des trafiquants en bateau censés transporter de la drogue dans la Caraïbe (plus de cent déjà) pour intimider un gouvernement souverain qui refuse de céder ses ressources naturelles ; voler des navires pétroliers, des entreprises étrangères ou des actifs étrangers ; imposer des sanctions et des blocus à des pays et à leurs dirigeants rebelles ; soudoyer ou faire chanter des chefs d’État faibles ; (prétendre) annexer des territoires riches en ressources naturelles comme le Groenland ou la zone du Río Orinoco ; se rendre complice du génocide du peuple palestinien, et malgré tout, croire mériter le Prix Nobel de la Paix et la vénération des peuples opprimés. Il se pourrait qu’un jour, il assiste à un mariage de l’un de ses agents latino-américains, et réclame le « droit de cuissage » (disposer de la mariée lors de la première nuit). Un trauma d’enfance l’a ramené à l’époque antique ou médiévale, où les rois ou empereurs étaient jugés à l’étendue de leurs conquêtes et à leurs victoires sanglantes. Mais il ne ressemble pas à la mémoire romantique de Charlemagne ; son visage, sa gestuelle vide, son arrogance, son inaptitude historique, évoquent plutôt Hitler ou Mussolini.

Mais je maintiens que l’empire occidental qui s’effondre est le dernier de l’histoire humaine. Finies les empires en déclin ou en expansion. Plus d’empires. La multilatéralité doit nous conduire vers un autre monde possible, où les peuples échangent savoirs et richesses, où la solidarité établit les véritables hiérarchies humaines. Que la suprématie économique des plus puissants ne repose pas sur l’exploitation des plus faibles. Bien sûr, cela concerne aussi la lutte des classes, tant à l’intérieur de chaque nation qu’entre elles. J’ai entendu en ligne un conférencier dire que l’usage du terme colonialisme situait la cause des contradictions sociales à l’extérieur, occultant ainsi l’existence de la lutte des classes au sein des pays colonisés.

Idée absurde : comme le soulignait Che Guevara, les aristocraties néocoloniales ne sont que des contre-bourgeoisies au service des bourgeoisies métropolitaines. Et la contradiction fondamentale du XXe siècle — toujours selon Che — se produisait entre peuples exploités et peuples exploiteurs, suivant un schéma inévitable : l’internationalisation de la lutte des classes. C’est pourquoi, lorsqu’une partie des nations subalternes se révolte et tente de prendre en main leur destin, elle défie tout le système impérialiste. J’ai toujours trouvé paradoxal — ou peut-être une volonté idéologique pleinement consciente — que les films de science-fiction dessinent des mondes futurs très avancés technologiquement, où coexistent « naturellement » riches et pauvres, exploiteurs et exploités, conquistadors et conquis : comme si les contradictions de classe avaient une origine génétique plutôt que sociale (historique).

La force brute, cependant, naît de l’impuissance. Celui qui menace et crie n’a d’autres ressources que la violence pour se faire respecter. Notre Amérique, par sa position géographique, ses richesses et son histoire, redevient le théâtre où l’impérialisme occidental — qui est la forme actuelle du capitalisme — joue sa survie. José Martí voulait une Cuba et un Porto Rico libres, comme des murailles de défense contre l’expansion impérialiste. Acculé, délaissé par d’autres marchés, l’ancien géant doit désormais contrôler par la force ce qu’il appelle son « arrière-cour ».

Les mensonges de Trump manquent de sophistication, il n’a pas le temps de les construire, et croit ne pas en avoir besoin : il parle d’une croisade contre le narcotrafic, et libère un trafiquant allié, ancien président du Honduras, pour l’aider à asservir son peuple ; il parle de récupérer la « démocratie » au Venezuela, et déclare avec impudence qu’il cherche à s’approprier les richesses naturelles de ce pays. Le Corollaire Trump à la Doctrine Monroe ne ment pas. L’union de nos peuples — puisque celle de leurs gouvernements ne sera pas toujours possible — est la seule voie de salut. « Les arbres doivent se mettre en rang pour que ne passe pas le géant aux sept lieues ! », écrivait José Martí le 10 janvier 1891.

Oui, la mégalomanie de Trump traduit, par contraste, la conscience que l’empire a de sa chute. Contrairement à notre Fidel, qui a demandé testamentairement que personne ne donne son nom à une rue ou un centre, et qu’aucune statue ou bustes ne soient érigés en son honneur, fidèle à la foi en la force des idées comme Martí, Trump suit la longue tradition du conquistador : le symbole nouveau sur l’ancien, pour rappeler la puissance du pouvoir. Il n’a aucun scrupule. Parmi les dates commémoratives qui offraient des entrées gratuites dans les parcs nationaux de son pays, Trump en a supprimé deux très significatives : la Journée de Martin Luther King, et le Juneteenth, qui marque l’abolition de l’esclavage. À la place, il a intégré sa propre fête d’anniversaire. Le président milliardaire finance la construction d’un immense stade de football américain à son nom, et a ajouté son nom au Kennedy Center. « Nous ne voulons pas de rois », clamait une banderole de manifestants dans plusieurs villes américaines.

L’année se termine mal, mais je ne vais pas décrire ce que tout le monde sait ou vit déjà. Il est vrai que le Capital paraît inarrêtable dans ses jeux diaboliques de mort — à Gaza, en Ukraine, dans la Caraïbe — que les mécanismes multilateraux traditionnels que sont l’ONU semblent inutiles, que, en ce moment même, des enfants sont tués, par balles ou missiles, par la faim ou par la maladie, alors que le monde fête la nouvelle année. Mais attention : chaque jour, de plus en plus de résistants, de ceux qui tiennent bon, manifestent une volonté de lutte inébranlable. Le cri des gladiateurs, forcés de se battre, résonne étrangement : Ave Trump, ceux qui vont vaincre te saluent ! (Texte et photo: Enrique Ubieta/Cubasí)


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